samedi, 10 février 2007 19:59

Batman Returns

Écrit par Sanjuro
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Batman Returns ©1993 Konami Batman Returns ©1993 Konami © 2013 SuperFamicom.fr

Batman Returns

Batman est de retour ! Le justicier bien masqué est de retour au cinéma, en jeu vidéo. Son retour ciné-ludique, Batman l'a célébré dix ans en arrière, en 1992, dans un excellent film de Tim Burton: Batman Returns (Batman Le Défi, en français). Entre nous, c'est le meilleur film de la série et l'un des meilleurs films de son réalisateur. Il n'a cependant pas rencontré le succès commercial du premier, surtout aux USA où il est encore décrié. Mais ça, Konami ne l'a su qu'après. Entre-temps, ils ont réalisé pour la Super Nintendo un beat'em up de grande qualité qui est un peu passé à la trappe entre les Final Fight et Battletoads de la console. Rendons donc justice au justicier avec ce bon jeu de combat, remarquable de par sa fidélité au film.

L'équipe de Konami a vu Batman Returns et ils l'ont apprécié. Ils ne l'ont pas vu seulement avec les yeux de concepteurs de jeux vidéo mais surtout avec l'admiration de cinéphiles. Ils se sont servis de quelques-uns des meilleurs passages ou des plus belles images du film, et Dieu sait qu'il y en a, pour concevoir d'agréables scènes cinématiques suivant fidèlement le déroulement du scénario. Un nom à retenir, celui de Yoichi Yoshimoto, à la fois designer et réalisateur du jeu, il semble être à l'origine de l'énergie qui déborde de Batman Returns.

 

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Batman avait déjà reçu un traitement de faveur sur NES et Game Boy dans deux excellents jeux d'action. Konami ont quant à eux choisi une approche différente, le beat'em up. Inévitablement donc, le jeu privilégie la bagarre et on retrouve l'habituel système de combat: on marche un peu, on bastonne, on marche un peu plus, on bastonne un peu plus, ainsi de suite jusqu'au boss de fin de niveau. La vue adoptée est elle aussi classique, de profil et en plongée pour créer une perspective dans laquelle les personnages peuvent librement se mouvoir. A ces classiques séquences de beat'em up s'alternent de courtes séquences d'action, en vue de profil comme dans n'importe quel jeu de plates-formes. On ne se bat plus alors avec ses poings mais avec le boomerang, certains passages nécessitant l'usage du grappin pour ne pas tomber dans le vide. Le contrôle, conçu à la base pour les phases de beat'em up, ne change pas, ce qui n'est pas sans provoquer une petite gêne. En passant on notera que ces scènes semblent avoir inspiré celles de Batman Forever d'Acclaim, lui aussi sur Super Nintendo.

 

 

Plus surprenant, en plein milieu du jeu vient se greffer une scène de course en batmobile ! Une surprise étonnante quand on réalise qu'il a fallu créer un nouveau moteur de jeu rien que pour ce niveau. Bien sûr, cette course poursuite dans laquelle vous tirez sur des clowns à moto et affrontez une camionnette pour boss n'a rien de vraiment exceptionnelle en tant que telle. L'action est répétitive, les ennemis toujours identiques, le contrôle et les tirs de la batmobile pas terribles, mais quand même, l'effort des concepteurs est louable. Après tout, ils auraient très bien pu faire l'impasse dessus.

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Sur les vingt-six musiques et minis thèmes du jeu, seules huit sont vraiment des compositions originales de Konami. Sept autres mélangent musiques de jeu et musiques du film, quant aux onze dernières ce sont tout bonnement des extraits de longueur variable de la bande-son. Avec quelques adaptations, le processeur sonore de la Super Nintendo s'en sort diablement bien avec les compositons orchestrales de Danny Elfman. Pour qui connaît la musique, on reconnaît sans peine chaque morceau. Le seul bémol à cette magnifique partition est que le dit Danny Elfman, qui indirectement a composé plus de la moitié des musiques du jeu, n'est même pas crédité au générique, pas même avec un remerciement, rien ! Un choix déshonorant de la part de Konami.

 

Est-ce dû au fait que l'action se déroule à Noël, les concepteurs ont en tous cas gâté les joueurs sur plusieurs points. La musique en est un, la batmobile en est un autre et ça ne s'arrête pas là. Bénis soient les graphismes qui ne déméritent pas face à la somptuosité du film. Gotham City n'est peut-être pas aussi lugubre, mais son mélange d'urbanisme moderne et d'architecture néo-classique est respecté. Mieux encore, la neige est présente. Ce n'est qu'un détail, mais qu'il est agréable de se balader dans des décors enneigés, cela altère subtilement l'éternelle vadrouille en ville. On visite quelques lieux clefs du film tels que les rues de Gotham, la plaza décorée d'un grand sapin de Noël, les toits et l'ancien zoo. D'autres endroits peu ou pas exploités dans le film le sont dans le jeu, on a ainsi droit à une promenade mouvementée dans un building et à une course d'obstacles sur les wagons du petit train (qui est loin d'être petit en comparaison du film !). L'une des plus belles réussites graphiques reste toutefois l'usage du premier plan, Konami l'a utilisé pour placer des éléments du décor en amorce: colosses anguleux, lampadaires ou pingouins viennent enrichir l'image et régaler l'esthète.

 

 

Les personnages sont à la hauteur de leur environnement, les sprites ont d'agréables proportions, certains sont même très gros tels que les clowns sur leurs motos, ils sont bien dessinés, bien animés et pour ne rien perdre, ils sont originaux. Mais oui, comme dans le film, c'est le gang du cirque que l'on affronte: des clowns, des lanceurs de couteaux, des jongleurs, des avaleurs de sabre, un rêve d'enfant devenu adulte va enfin se réaliser, pouvoir boxer tous ces affreux pitres ! Batman est bien entendu logé à la même enseigne avec notamment une grande richesse d'animations, le seul inconvénient est que sa démarche est un peu bedonnante. Mais ses poignées d'amour ne l'empêchent pas de distribuer pains et châtaignes avec une prodigalité super héroïque.

 

 

Le chevalier noir dispose en effet d'une palette de coups très diversifiés. Outre les infatigables coups de poing, il peut sortir des minis enchaînements qui permettent par exemple de placer un coup de pied arrière, pratique pour stopper le lâche qui se glisse dans son dos. Il dispose également d'une attaque tournoyante avec la cape qui coûte quelques points de vie mais ratisse large, d'une brève attaque volante, du boomerang, d'une pose défensive et de bat test tubes qui produisent une puissante explosion. Le plus jouissif, c'est toutefois d'attraper les ennemis au collet, c'est très simple et cela permet d'exécuter trois prises géniales. En appuyant sur bas, Batman leur donne des coups de boule à répétition et sur haut, il les balance dans le décor de fond (vous pouvez ainsi casser des objets que vous ne pouvez pas toucher en temps normal: vitrine, banc, poteau... ça vaut le coup d'essayer en plusieurs endroits). Et ce n'est pas tout, si par chance vous parvenez à saisir un second ennemi alors que vous tenez toujours le premier, vous pouvez cogner leur tête l'une contre l'autre. Un pur instant de poésie barbare !

 

 

Batman Returns est une excellente aventure de l'homme chauve-souris, toutefois non dénuée de légers désagréments. Le principal, ce sont les boss. Parmi eux il y a trois hommes du cirque, dont un qui peut se révéler très énervant, le reste étant des face-à-face avec Catwoman et Le Pingouin. Il y a un peu trop de combats avec des boss mais surtout ceux-ci sont trop durs. Ils attaquent violemment et il est généralement difficile de percer leur défense. Il faut avoir un excellent timing soit balancer tous les tubes à essai explosifs. Egalement, quelques niveaux en plus n'auraient pas fait de mal, quitte à mettre des mots de passe. Enfin, le jeu souffre à la longue d'une certaine répétitivité, mais c'est là un défaut quasiment inséparable du genre.

 

 

Ces quelques réserves ne changent pas le fait que Batman Returns est un excellent beat'em up. Plus orignal dans de petites idées ici et là que dans son déroulement proprement dit, le jeu éblouit par ses graphismes fouillés et sa fidélité au film, notamment dans la musique. Konami se surpassait une fois de plus sur Super Nintendo pour accomplir un remarquable travail satisfaisant à la fois le joueur exigeant (cinq modes de difficulté rien que pour lui !) et le fan de Tim Burton qui retrouve la beauté de l'univers visuel de son réalisateur favori.

Informations supplémentaires

  • Nom Jap: Batman Returns
  • Nom Euro: Batman Returns
  • Nom US: Batman Returns
  • Editeur: Konami
  • Genre: Beathem'Up
  • Sortie Japon: mercredi, 18 novembre 1992
  • Prix ¥ sortie: 0,00¥
  • Sortie Euro: samedi, 11 avril 1992
  • Prix Frs sortie: ~490,00Frs(75,00€)
  • Cote en €: 0,00€
Lu 24868 fois Dernière modification le lundi, 12 août 2013 19:28

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